FM Logistic finalise l’acquisition de Schäflein

Cette acquisition renforce la présence européenne de FM Logistic et marque son implantation en Allemagne.

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Jumeau numérique d’un entrepôt FM Logistic avec modèle virtuel en temps réel et camion logistique
Performance Supply Chain

Le 17 septembre 2026

Voir double : comment les jumeaux numériques vont transformer la logistique et permettre le passage de la réaction à l’anticipation

Les jumeaux numériques transforment la logistique pour anticiper les perturbations plutôt que d’y réagir.

Ces dernières années, le secteur de la logistique a connu une transformation profonde. Alors qu’auparavant, la seule façon de répondre aux difficultés liées à l’exécution des opérations reposait sur une approche réactive, fondée sur des feuilles de calcul, les progrès technologiques rapides de ces dernières années permettent désormais à des entreprises comme FM Logistic de déployer des solutions offrant une gestion de la supply chain prédictive, proactive et robuste.

Au cœur de cette transformation se trouvent trois technologies dont on parle souvent, mais qui restent rarement pleinement comprises : les jumeaux numériques, les fils numériques et les simulations.

Démêler les technologies : le trio central

Thierry Dieudonne, Group Simulation and Data Crunching Manager chez FM Logistic, souligne qu’il est important de comprendre que ces trois termes — bien qu’ils soient souvent utilisés de manière interchangeable — jouent des rôles distincts et interconnectés au sein d’un écosystème logistique moderne,

  • Le jumeau numérique est la réplique « vivante » : une représentation virtuelle en temps réel de l’opération physique. Il constitue une base dynamique, alimentée en continu par les informations en temps réel transmises par le fil numérique, et communique constamment avec l’entrepôt.
  • Le fil numérique désigne l’historique continu des données tout au long d’un cycle de vie — la mémoire, en quelque sorte — qui relie l’ensemble des données historiques et de conception. Maintenir ce fil est essentiel pour s’adapter à l’évolution des processus ou des comportements des consommateurs, ou encore pour identifier des points de friction jusque-là invisibles.
  • Enfin, une simulation correspond à une approche hors ligne fondée sur des scénarios hypothétiques. Elle utilise la base fournie par le jumeau numérique pour tester des milliers de scénarios « et si ? » sans risquer de perturber les opérations réelles.

Cette approche contraste avec les simulations traditionnelles, qui cherchent généralement à résoudre un problème précis, explique Thierry Dieudonne, qu’il s’agisse d’amélioration des processus ou d’optimisation des flux – et qui nécessitent habituellement un investissement.

« À l’inverse, le jumeau numérique anticipe les problèmes afin d’améliorer les opérations quotidiennes en utilisant les ressources déjà disponibles », explique-t-il. « C’est dans cette capacité d’anticipation que réside sa valeur. »

Éviter le piège des données théoriques

Comprendre cette interconnexion constitue la première étape pour réussir la mise en œuvre d’une approche fondée sur les jumeaux numériques. Mais, selon Thierry Dieudonne, ce n’est pas le principal obstacle à leur réussite. Le défi le plus important consiste à garantir la qualité et la continuité des données du fil numérique. 

« De nombreux opérateurs tombent dans le “piège des données théoriques”. Autrement dit, ils pensent que les calculs théoriques standards suffisent », explique-t-il. « Ce n’est pas le cas. Un véritable jumeau numérique ne devient réellement puissant que lorsqu’il est alimenté par des données empiriques. Dans le cas contraire, les résultats risquent d’être erronés, ce qui remet en cause tout l’intérêt de cette approche. »

Un autre obstacle tient au fait que certains considèrent les jumeaux numériques comme de simples outils destinés à justifier des investissements importants, comme l’agrandissement d’un entrepôt ou le déploiement de nouveaux robots.

« Là encore, ce n’est pas le cas. L’objectif principal doit être de trouver des solutions d’optimisation en utilisant les ressources existantes, sans nécessiter d’investissement supplémentaire », explique Thierry Dieudonne, précisant que des simulations réalisées en amont d’un projet peuvent, par exemple, tester la viabilité d’une configuration d’entrepôt avant même que la première pierre ne soit posée.

En amont d’un projet, la numérisation ou les simulations et présentations interactives permettent de visualiser, de simplifier et de présenter des concepts initialement élaborés sur papier pendant la phase d’étude.

« Pour donner un exemple concret : une opération d’entrepôt a fait l’objet d’une simulation qui devait évoluer vers un jumeau numérique complet une fois l’investissement réalisé », explique-t-il. « Mais cela n’a jamais eu lieu, car le développement commercial du site a évolué, ce qui a conduit à l’arrêt du projet. Dans ce cas, la valeur de la technologie en tant qu’outil de réduction des risques a été démontrée avant même que des fonds ne soient engagés dans la construction réelle. »

Un point important : la mise en œuvre d’un jumeau numérique nécessite à la fois du temps et des investissements, et doit être systématiquement intégrée aux processus d’amélioration continue afin de rester viable.

Des résultats concrets et un écosystème connecté

La valeur des jumeaux numériques en logistique va au-delà du simple fait d’éviter des investissements coûteux. Lorsqu’ils sont alimentés par des données fiables et en temps réel, les jumeaux numériques peuvent également résoudre d’importants goulets d’étranglement. En analysant les historiques d’utilisation et les bases de données des fabricants, ils peuvent fournir une solution de maintenance prédictive permettant d’éviter les pannes avant qu’elles ne surviennent, et ainsi d’assurer l’absence de temps d’arrêt. Les jumeaux numériques permettent également une gestion proactive des volumes, garantissent la continuité d’activité et réduisent considérablement les coûts et les délais.

Les bénéfices ne s’arrêtent pas là. En Pologne, par exemple, FM Logistic a utilisé un jumeau numérique pour un client afin de résoudre des blocages sur des tables d’emballage mécanisées, ce qui a permis aux colis d’atteindre leur zone d’emballage sans encombre. Dans un autre cas, le déploiement d’un jumeau numérique dans une zone d’emballage automatisée a permis d’éviter les goulets d’étranglement en redéfinissant notamment le séquencement, la planification du personnel et l’attribution des tâches dans le système de gestion d’entrepôt (WMS).

Les simulations peuvent également aider les entrepôts à gagner en efficacité de différentes manières. Prenons les processus standards de préparation de commandes : en simulant la journée de préparation, il est possible de déterminer le meilleur séquencement ou le meilleur slotting best sequencing or slotting, saving time and effort for order pickers. Dans le domaine du co-packing, le système peut également suggérer à l’avance quelle ligne est la mieux adaptée à un ordre de travail donné, afin de limiter les changements de paramètres et d’optimiser les réapprovisionnements.

« Les bénéfices des jumeaux numériques en logistique ne se limitent pas aux opérations réalisées dans l’entrepôt », explique-t-il, soulignant qu’ils permettent également aux prestataires logistiques de réagir à des perturbations soudaines de la supply chain.

« En surveillant simplement les facteurs macroéconomiques et les tendances sur les réseaux sociaux — par exemple lorsqu’un produit devient viral sur TikTok — et en étant à l’écoute de l’écosystème au sens large, nous pouvons utiliser un jumeau numérique pour transformer le bruit global en données exploitables », explique Thierry Dieudonne. « Le jumeau numérique exécute immédiatement des scénarios à partir de ces données afin de garantir que des solutions logistiques alternatives soient testées virtuellement avant qu’une crise n’affecte l’entrepôt physique. »

L’avenir : les jumeaux autonomes à l’échelle du réseau

Parmi les raisons expliquant l’essor des jumeaux numériques en logistique figurent la volatilité accrue des marchés et l’impact des crises mondiales. Ces évolutions expliquent pourquoi les jumeaux numériques sont passés du statut de technologie de luxe à celui de nécessité.

« Pour le dire simplement, il n’est plus viable de gérer les supply chains avec des outils statiques ou des calculs purement théoriques », explique-t-il. « Les opérations ont besoin de données empiriques, elles ont besoin d’intelligence artificielle et elles ont besoin de capacités technologiques leur permettant de communiquer entre les systèmes, y compris directement avec les robots. De cette manière, elles éliminent les incertitudes avant qu’elles n’affectent les opérations. »

Les jumeaux numériques ne permettent pas seulement d’assurer la continuité de service ; ils peuvent également contribuer à la planification stratégique afin de satisfaire les clients.

« En collaborant avec les clients afin de croiser ces modèles avec les prévisions de commandes, nous pouvons tester des scénarios de manière proactive — qu’il s’agisse d’absorber les chocs liés au Black Friday ou de repenser entièrement un réseau », explique Thierry Dieudonne. « De cette manière, les jumeaux numériques nous permettent d’atteindre un niveau d’optimisation maximal sans nécessiter de dépenses d’investissement supplémentaires. »

Aussi impressionnante soit-elle aujourd’hui, cette technologie continuera, selon Thierry Dieudonne, à évoluer et à s’améliorer. D’ici cinq ans, estime-t-il, les opérateurs utiliseront ces outils pour bien plus que le simple suivi des opérations : ils deviendront des modèles stratégiques pour l’ensemble du réseau logistique.

« Un exemple est l’orchestration du réseau, dans laquelle des modèles aujourd’hui isolés fusionneront pour former un Network Twin connecté, capable d’orchestrer les hubs à l’échelle mondiale et de recalculer instantanément les stocks lorsqu’il détecte un pic de demande », explique-t-il. « Un autre exemple est ce que l’on appelle l’autonomie prescriptive, qui intègre l’intelligence artificielle afin que le système puisse s’auto-optimiser et prendre des décisions autonomes en matière d’acheminement sans nécessiter d’intervention humaine. »

D’autres cas d’usage verront les opérateurs déployer de plus en plus les jumeaux numériques pour des simulations environnementales afin de calculer les impacts environnementaux des opérations d’exécution logistique — par exemple en élaborant des solutions permettant de réduire les distances parcourues par les véhicules automatisés. Ils permettront également d’améliorer l’ergonomie de la distribution, en veillant à ce que les charges lourdes soient réparties de manière équilibrée pendant les pics d’activité afin de prévenir les blessures des collaborateurs.

Thierry Dieudonne imagine un avenir où les jumeaux numériques feront partie intégrante des outils standards des entreprises, les dirigeants les utilisant avant d’engager des dépenses ou de signer des contrats de location. Pour les supply chains, l’impact sera profond : elles ne seront plus simplement gérées ; elles seront maîtrisées dans le monde virtuel avant même qu’un seul produit physique ne soit déplacé.

« Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, les jumeaux numériques deviendront omniprésents, et bien plus rapidement que la plupart des gens ne l’imaginent », explique-t-il. « En combinant les fils numériques avec des jumeaux numériques en temps réel et des simulations prédictives, les entreprises passeront de leur approche réactive actuelle, consistant à éteindre les incendies au fur et à mesure qu’ils surviennent, à une planification stratégique entièrement automatisée et sans risque. »

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